IBM Connect 2013 : mes conclusions

L’heure est venue de résumer rapidement mes conclusions suite à ce Connect 2013 :

• “Social is the new normal”

Fini l’exhortation à “être social”. C’est une dimension que tout le monde a plus ou moins intégré et la question qui se pose est davantage de savoir comment y arriver sans se compliquer la vie, comment pouvoir réaliser une action donnée au bon moment sans changer d’outil, interrompre son flux de travail et disperser son attention. L’heure des concepts est terminée, voici venir celle de l’exécution.

• Business d’abord, social ensuite

Conséquence du premier point, on assiste à une verticalisation des demandes. On passe du “être social sans trop comprendre comment ça va améliorer mon métier” au “améliorer mon métier point final, et le social y trouve sa place parce qu’il a du sens mais n’est pas une fin en soi”. D’ailleurs un chiffre vaut mieux que toutes les explications : 10% de participants de plus qu’à l’édition précédente, deux fois plus de participants “hors IT” (RH, marketing, com’…), 3 fois plus de clients dans les sessions (vs IBMers et partenaires). Ca n’est pas pour le “social”‘ que les participants sont venus mais pour trouver une solution globale à des problématiques métier voire inter-métier.

• La valeur est à la périphérie du réseau social

Pendant des années on a assimilé “social” et “réseau” social et fait de l’utilisation de ce dernier l’enjeu majeur de tout projet social business. Quitte à exhorter au partage d’information et aux conversations au sein de communautés qui n’avaient aucun sens pour le collaborateur et en compliquant son quotidien. Mais c’était la seule chose qu’on pouvait faire dans un réseau social. Aujourd’hui on voit bien que le réseau social ne vaut que parce qu’il se place au centre du poste de travail et au lieu de permettre des modes d’échanges nouveaux à l’exclusion des anciens, donne dans un même environnement l’ensemble des options permises par les “anciens” et les “nouveaux” outils.

La valeur du réseau social se trouve donc à son interface avec les autres outils de communication (email, instant messaging, visioconférence), outils de travail (gestion de projet, applications métiers) et outils documentaires (ECM et suite bureautique en ligne). Elle réside dans la capacité de recevoir la bonne information au bon moment et agir dessus avec les bonnes personnes sans avoir à changer d’outil en fonction de la nature de l’information, de la personne ou du mode d’intéraction désiré.

Et puisque social n’est pas seulement réseau, la valeur réside également dans la capacité à donner du sens à des tendances, à des bribes d’informations très granulaires produites en masse et en permanence dans et hors de l’entreprise. C’est la partie social analytics et Big Data qui impactera aussi bien le décisionnel que la gestion des Talents…

• Vers l’informatique cognitive

J’ai porté une attention particulière à la fin de la session d’ouverture sur la partie concernant l’Informatique Cognitive (ou Cognitive Computing). Il était logique qu’on nous parle du célèbre Watson me direz vous. Mais ce qui change est que désormais Watson est intégré à un catégorie de marché et je ne pense pas que cela soit accidentel. A partir du moment ou le “social” va devenir le socle du poste de travail, le sujet va se banaliser. A mon avis la question de l’”adoption” du réseau social est un sujet qui, dans un environnement de travail cohérent, ne se posera bientôt plus. Le facteur lent n’étant pas l’humain mais la capacité de l’entreprise à déployer le dit environnement. Dès lors la prochaine étape sera de rationaliser le traitement de l’information et apporter une valeur ajoutée à l’utilisateur dans le traitement des flux d’information et la prise de décision. L’enjeu est également de permettre aux entreprises de tirer le meilleur de données quantitatives et qualitatives pour s’adapter en temps réel, réiventer produits, services et process lorsque nécessaire. Dans ce contexte les analytics, seul élément commun à l’ensemble du prisme social business joueront donc un rôle clé à condition qu’on soit en mesure de les exploiter tant technologiquement qu’humainement et organisationnellement. C’est la nouvelle frontière, peut être la plus importante car elle remet en cause ce que nous croyons immuable sur la stratégie, les modes de prise de décision, les cycles d’action, les notions d’instantanné, de court et long terme. Voire notre rapport à l’outil informatique qui devra être en mesure de nous donner non plus des données mais des informations, non plus opérer des recherches mais apporter des solutions. Un horizon peut être lointain mais je ne doute pas dans quelques années l’épisode social soit derrière nous et digéré et que la différence se fera sur la capacité à tirer de l’intelligence, du sens, de tous ces contenus et intéractions épars pour se doter à chaque moment d’une vision globale de notre environnement pour prendre les bonnes décisions.

Bien sur